Extrait:
…..Je m’engage dans les Lices et je me
dirige vers le soleil couchant. Dans cet immense corridor, qui
s’allonge entre les deux formidables murailles où s’encastrent
les grandes tours, le sang de l’Occident coule à flots. On dirait
que la ville saigne ce soir de toutes ses blessures de jadis et
que le sang des compagnons de Trencavel s’y mêle à celui des croisés
de Montfort.
….Mais par-dessus tous ces spectacles,
le plus beau n’est-il pas celui où toute la Cité, embrasée de
feux de Bengale, paraît un soir être la proie d’un incendie prodigieux,
semble lutter contre une armée d’assaillants que dérobe le ravage
magnifique de la flamme ? Le feu sculpte à nouveau l’architecture
fantastique ; archange infernal, c’est un Viollet-Le Duc bien
plus puissant que nul artiste humain nulle critique ne peut l’atteindre….Une
fois l’an se déroule autour de la Cité de Carcassonne une étrange
fête de feu.
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